Pour demander un prêt personnel en Belgique, vous fixez d’abord le but, le montant et la durée, vous vérifiez ce que votre budget peut supporter chaque mois, puis vous introduisez une demande auprès d’un prêteur agréé ou d’un intermédiaire de crédit inscrit. Celui-ci vous remet un questionnaire, consulte obligatoirement la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale et ne peut accorder le prêt que s’il estime raisonnablement que vous pourrez le rembourser. Avant de signer, vous recevez la fiche SECCI ; après la signature, vous disposez de 14 jours pour renoncer.
Ce guide détaille surtout la préparation du dossier, les critères de décision du prêteur et ce que vous pouvez faire si votre demande est refusée. Le déroulement pratique d’une demande introduite sur internet est expliqué dans notre article Prêt en ligne en Belgique : comment se déroule la demande.
| L’essentiel |
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Sommaire
- Les étapes d’une demande de prêt personnel
- Étape 1 : préciser le but, le montant et la durée
- Étape 2 : vérifier ce que votre budget peut supporter
- Étape 3 : choisir à qui adresser la demande
- Étape 4 : préparer le questionnaire et les justificatifs
- Étape 5 : comment le prêteur prend sa décision
- Étape 6 : avant et après la signature
- Que faire si votre demande est refusée ?
- Les erreurs fréquentes
- Faire une demande de prêt personnel
- Sources
Les étapes d’une demande de prêt personnel
- Définir le besoin : ce que vous financez, le montant réellement nécessaire et la durée souhaitée.
- Calculer la mensualité supportable à partir de votre budget, en gardant une marge pour les imprévus.
- Choisir à qui vous adresser : banque, prêteur spécialisé ou intermédiaire de crédit, en vérifiant son inscription auprès de la FSMA.
- Remplir le questionnaire et fournir les justificatifs demandés.
- Attendre l’analyse de solvabilité, qui inclut la consultation de la Centrale des crédits aux particuliers.
- Lire la fiche SECCI et le contrat avant de signer, puis conserver votre exemplaire.
Étape 1 : préciser le but, le montant et la durée
Un prêt personnel est en pratique un prêt à tempérament : vous recevez une somme fixe et vous la remboursez par mensualités fixes, intérêts compris. Il peut être lié à un achat précis (voiture, travaux) ou n’avoir aucun but défini. Le but du crédit fait partie des questions obligatoires du prêteur : l’indiquer clairement l’aide à vous proposer le type de crédit le mieux adapté, ce qu’il est tenu de rechercher (art. VII.75). Si vous hésitez entre un prêt tous motifs et un prêt lié à un achat, notre article sur le prêt personnel sans justificatif compare les deux.
La durée n’est pas libre : la loi fixe une durée maximale selon le montant emprunté. Selon Wikifin, un prêt de 7 501 à 10 000 € se rembourse en 48 mois au maximum, et un prêt de 15 001 à 20 000 € en 84 mois au maximum. Emprunter un peu plus que nécessaire pour allonger la durée augmente le coût total ; le détail des plafonds est repris dans notre article sur le montant maximum d’un prêt personnel.
Étape 2 : vérifier ce que votre budget peut supporter
Avant de contacter un prêteur, faites le calcul vous-même. Wikifin recommande de ne jamais aller jusqu’à votre limite budgétaire et de prévoir une marge pour le chômage, la maladie ou une dépense imprévue. Aucun pourcentage d’endettement maximal n’est fixé par le Livre VII : chaque prêteur apprécie votre situation au cas par cas.
Exemple chiffré (hypothèses)
Un ménage dispose de 2 600 € de revenus nets par mois. Ses dépenses fixes et courantes (logement, énergie, alimentation, assurances, transport) s’élèvent à 1 750 €. Il reste donc 850 € par mois avant tout nouveau crédit. Il souhaite emprunter 8 000 €, ce qui autorise une durée maximale de 48 mois. Le calcul utilise un TAEG hypothétique de 7 %, sans frais, choisi uniquement pour l’illustration : ce n’est pas une offre, et votre taux dépendra du prêteur et de votre dossier.
| Durée | Mensualité | Coût total du crédit |
|---|---|---|
| 24 mois | 357,40 € (42 % du solde de 850 €) | 577,63 € |
| 36 mois | 246,23 € (29 % du solde) | 864,32 € |
| 48 mois | 190,77 € (22 % du solde) | 1 157,10 € |
Calcul : mensualité = capital × t / (1 − (1 + t)−n), avec t = 1,071/12 − 1, soit environ 0,565 % par mois, et n le nombre de mois. La durée courte coûte moins cher mais absorbe une grande partie de la marge ; la durée longue laisse plus d’air au budget mais coûte deux fois plus en intérêts. Une durée de 60 mois ne serait pas autorisée pour ce montant. Pour tester d’autres combinaisons, voir notre guide simulation de prêt personnel en ligne.
Étape 3 : choisir à qui adresser la demande
| Interlocuteur | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Votre banque, en agence ou par son application | Elle connaît déjà vos revenus et vos mouvements de compte, mais ne propose que ses propres produits. |
| Un prêteur spécialisé | Demande souvent entièrement à distance ; mêmes obligations légales qu’une banque (questionnaire, Centrale, SECCI). |
| Un intermédiaire de crédit (courtier ou agent lié) | Il ne peut travailler qu’avec des prêteurs agréés ou enregistrés (art. VII.112) et doit indiquer s’il est courtier ou agent lié. |
Dans tous les cas, vérifiez l’interlocuteur dans l’outil « Vérifiez votre fournisseur » de la FSMA. Si vous passez par un intermédiaire, sachez qu’il doit signaler à chaque prêteur sollicité le montant des autres crédits qu’il a demandés pour vous au cours des deux mois précédents (art. VII.113) : multiplier les demandes ne passe donc pas inaperçu.
Étape 4 : préparer le questionnaire et les justificatifs
Le prêteur ou l’intermédiaire vous soumet un questionnaire écrit. Il porte au minimum sur :
- le but du crédit ;
- vos revenus (salaire, revenus de remplacement, pension alimentaire perçue…) ;
- les personnes à votre charge ;
- vos engagements financiers en cours, dont le nombre et le solde de vos crédits.
Le questionnaire indique aussi quels fichiers seront consultés. Il ne peut jamais porter sur votre santé, votre origine, vos opinions ou votre appartenance syndicale ou mutualiste (art. VII.69). Lors de la demande, vous communiquez votre numéro de registre national (art. VII.150).
Côté justificatifs, Wikifin cite les fiches de paie ou l’avertissement-extrait de rôle pour les revenus. Préparez également votre carte d’identité et un relevé de vos charges récurrentes. La liste exacte varie selon le prêteur : demandez-la avant d’envoyer votre dossier.
Répondez de manière exacte et complète : c’est une obligation légale. Une information omise ou fausse peut conduire le juge à résoudre le contrat à vos torts (art. VII.204), et un crédit accordé sur une base erronée risque surtout de dépasser ce que vous pouvez rembourser.
Étape 5 : comment le prêteur prend sa décision
Le prêteur doit procéder à une évaluation rigoureuse de votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale de Belgique (art. VII.77). Ce registre contient tous les crédits à la consommation et hypothécaires conclus par des particuliers, ainsi que les éventuels défauts de paiement.
- Règle générale : le prêteur ne peut conclure le contrat que s’il estime raisonnablement que vous serez en mesure de le rembourser. Wikifin rappelle qu’il peut, et même doit, refuser dans le cas contraire.
- Impayés de plus de 1 000 € : si des impayés non remboursés d’un montant total supérieur à 1 000 € sont enregistrés à votre nom pour un crédit à la consommation, le prêteur ne peut pas conclure de nouveau crédit.
- Autres impayés non remboursés : un nouveau crédit reste possible, mais seulement avec une motivation complémentaire dans le dossier.
- Âge : aucun crédit à la consommation ne peut être conclu avec un mineur (art. VII.69, § 3).
Le prêteur peut aussi demander une garantie, par exemple une caution ou une cession de salaire. Il doit vous expliquer les caractéristiques du crédit proposé et les conséquences d’un défaut de paiement (art. VII.74).
Si vous êtes déjà enregistré pour un défaut de paiement, lisez notre article crédit personnel quand on est fiché avant d’introduire une demande.
Étape 6 : avant et après la signature
Avant que vous ne soyez engagé, le prêteur ou l’intermédiaire vous remet la fiche « Informations européennes normalisées en matière de crédit aux consommateurs » (SECCI) sur un support durable (art. VII.70). Elle reprend notamment le montant, la durée, le taux débiteur, le TAEG, la mensualité et le montant total à rembourser. Comparez les fiches de plusieurs prêteurs sur ces mêmes lignes.
Après la signature, vous pouvez renoncer au contrat pendant 14 jours sans donner de motif, par envoi recommandé ou par un autre support accepté par le prêteur. Si les fonds ont déjà été versés, vous remboursez le capital et les intérêts courus, au plus tard 30 jours après votre notification (art. VII.83).
Que faire si votre demande est refusée ?
- Demandez le motif. En cas de refus, le prêteur doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation des fichiers, ainsi que l’identité et l’adresse de leur responsable. Il précise aussi si le refus repose sur un traitement automatisé (art. VII.79). Aucune indemnité ne peut vous être réclamée pour ce refus.
- Consultez vos données à la Centrale. La consultation est gratuite : en ligne avec votre carte d’identité électronique, par lettre signée ou par courriel adressés à la Banque nationale avec une copie de votre carte d’identité, ou à ses guichets à Bruxelles.
- Faites corriger une erreur. Si une donnée est inexacte, adressez-vous au prêteur qui l’a déclarée. En cas de désaccord, une plainte est possible auprès du SPF Économie via ConsumerConnect.
- Ajustez votre projet. Un montant plus bas, un apport personnel ou le remboursement préalable d’un petit crédit en cours peuvent changer l’analyse. Enchaîner les demandes identiques ne change rien.
- Si vos dettes actuelles pèsent déjà trop, un nouveau prêt n’est pas la solution : un service de médiation de dettes agréé peut vous aider à faire le point.
Méfiez-vous des offres qui promettent un prêt « sans consultation de la Centrale » ou qui réclament des frais avant le versement : la FSMA met en garde contre ces faux crédits.
Les erreurs fréquentes
- Choisir la durée la plus courte possible sans vérifier la marge restante dans le budget.
- Oublier un crédit en cours ou une ouverture de crédit dans le questionnaire : le prêteur le verra à la Centrale.
- Comparer uniquement les mensualités au lieu du TAEG et du montant total à rembourser.
- Signer sans avoir lu la fiche SECCI ou sans connaître la date de fin du délai de rétractation.
- Traiter avec un interlocuteur non inscrit auprès de la FSMA.
Faire une demande de prêt personnel
Si votre budget le permet et que votre projet est clair, vous pouvez introduire une demande via le formulaire de crédit personnel d’ExpressFinance. Il s’agit d’un lien commercial : la demande est soumise à l’analyse de solvabilité décrite ci-dessus et peut être refusée.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sources
Consultées le 25 septembre 2026.
- Code de droit économique, Livre VII, art. VII.69, VII.70, VII.74, VII.75, VII.77, VII.79, VII.83, VII.112, VII.113, VII.150 et VII.204 : texte consolidé (Justel) ; présentation du SPF Économie.
- Wikifin (FSMA) : Vous avez besoin d’un crédit, comment faire ?, Combien êtes-vous capable de rembourser ?, Le rôle de la Centrale des crédits aux particuliers, Le prêt à tempérament (mise à jour du 12 février 2026).
- Banque nationale de Belgique : Centrale des crédits aux particuliers.
- FSMA : Vérifiez votre fournisseur et Faux crédits.