La FSMA (Autorité des services et marchés financiers) est l’autorité belge qui agrée les prêteurs et inscrit les intermédiaires de crédit (courtiers, agents) actifs en crédit à la consommation et en crédit hypothécaire. Pour un emprunteur, elle sert surtout à une chose : vérifier, avant de signer ou de payer quoi que ce soit, que la société qui vous propose un crédit a bien le droit de le faire en Belgique. Selon la FSMA, une personne ni agréée ni enregistrée n’est pas autorisée à vous proposer un crédit.
| L’essentiel |
|
Que contrôle la FSMA en matière de crédit ?
Depuis la loi du 19 avril 2014, qui a inséré ces statuts dans le Livre VII du Code de droit économique, les prêteurs et les intermédiaires en crédit à la consommation et en crédit hypothécaire doivent obtenir un agrément ou une inscription auprès de la FSMA. Pour les intermédiaires, la FSMA indique notamment des exigences d’honorabilité et de connaissances professionnelles (diplôme et examen).
Concrètement, la FSMA :
- tient et publie la liste à jour des prêteurs agréés ou enregistrés ;
- tient et publie le registre des intermédiaires inscrits (crédit hypothécaire, crédit à la consommation, mais aussi assurances et services bancaires) ;
- publie des mises en garde contre des sociétés qui proposent des crédits sans y être autorisées.
La FSMA ne vous accorde pas de crédit, ne compare pas les offres et ne tranche pas un litige individuel entre vous et votre prêteur. Pour ces questions, d’autres organismes interviennent (voir le tableau plus bas).
Comment vérifier un prêteur ou un courtier en 3 étapes
1. Relever l’identité exacte
Notez la dénomination complète de la société et son numéro d’entreprise (BCE). Un prêteur ou un intermédiaire sérieux les communique sans difficulté, par exemple dans ses mentions légales ou sur ses documents précontractuels. Méfiez-vous d’un interlocuteur qui ne donne qu’un prénom, un numéro de téléphone mobile ou une adresse e-mail générique.
2. Chercher dans le moteur de recherche de la FSMA
Sur le site de la FSMA, la rubrique « Intermédiaires et prêteurs » permet une recherche par nom et/ou par numéro d’entreprise. Vérifiez que :
- la société apparaît bien, sous le même nom et le même numéro d’entreprise ;
- son statut correspond à l’activité proposée (prêteur, intermédiaire en crédit hypothécaire, intermédiaire en crédit à la consommation) ;
- les coordonnées officielles correspondent à celles de la personne qui vous contacte.
Attention à l’usurpation d’identité (« cloning ») : la FSMA signale que des escrocs utilisent le nom ou le logo d’établissements réputés. Une société réellement agréée peut donc être imitée. En cas de doute, recontactez-la via les coordonnées trouvées vous-même, jamais via celles fournies dans le message reçu.
3. Consulter les mises en garde de la FSMA
La page « Mises en garde » de la FSMA contient la liste des entreprises irrégulièrement actives et des avis récents. Le 6 août 2026, par exemple, la FSMA a signalé 26 nouveaux prêteurs frauduleux proposant de faux crédits à des consommateurs belges, contactés notamment par e-mail, Facebook ou WhatsApp. Une société absente de cette liste n’est pas pour autant autorisée : seule la présence dans le moteur de recherche des prêteurs et intermédiaires le montre.
Reconnaître un faux crédit
Les avertissements publiés par la FSMA décrivent un scénario récurrent. Les signaux qui doivent vous arrêter :
| Signal | Pourquoi c’est suspect |
|---|---|
| Offre reçue sans l’avoir demandée (e-mail, réseaux sociaux, messagerie) | Premier mode de contact cité par la FSMA pour les faux prêteurs |
| Montant élevé, taux très bas, durée très longue | Conditions qu’un prêteur agréé n’accorderait normalement pas à votre profil |
| « Pas de vérification de votre situation ni des retards passés » | Un prêteur agréé doit consulter la Centrale des crédits aux particuliers avant d’accorder un crédit (BNB) |
| Paiement préalable : « assurance », frais de dossier, d’authentification… | Frais fictifs selon la FSMA : une fois payés, le « prêteur » disparaît |
| Avis clients uniquement élogieux | La FSMA prévient que certains avis positifs peuvent être rédigés par l’escroc lui-même |
Un crédit légitime vous est présenté avec les informations précontractuelles (montant, durée, TAEG, coût total) et après une analyse de votre capacité de remboursement. Pour comprendre ce que le prêteur vérifie dans tous les cas, lisez notre article Prêt personnel sans justificatif : ce que le prêteur vérifie quand même.
Vous avez été contacté ou avez déjà payé : que faire ?
- Ne versez plus rien, même si on vous promet le déblocage du prêt après un « dernier paiement ».
- Prévenez votre banque si vous avez communiqué des données de compte ou effectué un virement.
- Contactez la FSMA via son formulaire de contact : elle invite à le faire au moindre doute et avant tout versement, et à lui signaler toute société suspecte qui ne figure pas encore dans ses mises en garde.
- Signalez les faits au SPF Économie, via son Point de contact, en particulier pour les pratiques trompeuses et les arnaques visant les consommateurs.
- Conservez toutes les preuves : messages, adresses de sites, numéros, preuves de paiement.
La FSMA précise qu’il est quasiment impossible de récupérer les sommes versées à un faux prêteur : la vérification doit donc se faire avant, pas après.
FSMA, BNB, SPF Économie, Ombudsfin : qui fait quoi ?
| Organisme | Son rôle pour un emprunteur |
|---|---|
| FSMA | Agrée les prêteurs, inscrit les intermédiaires de crédit, publie les registres et les mises en garde contre les faux prêteurs. |
| BNB (Banque nationale) | Contrôle la solidité financière des établissements (banques, etc.) et gère la Centrale des crédits aux particuliers : registre de vos crédits et des défauts de paiement, consultable gratuitement par chacun. Elle propose aussi une recherche des établissements qu’elle agrée ou contrôle. |
| SPF Économie | Son Inspection économique reste compétente pour contrôler le respect des règles relatives au crédit ; les consommateurs peuvent y signaler un problème avec un prêteur ou un intermédiaire. |
| Ombudsfin | Service de médiation pour les litiges avec une institution financière : après une réclamation écrite adressée d’abord à l’établissement, il examine la plainte et rend un avis écrit. |
La Centrale des crédits de la BNB
Avant d’accorder un crédit, un prêteur doit consulter la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) de la BNB et y déclarer les contrats conclus. Vous pouvez consulter gratuitement les données enregistrées à votre nom, ce qui est utile avant une demande. Si un retard de paiement y figure, notre guide Crédit personnel quand on est fiché explique comment fonctionne ce fichage.
Un désaccord avec votre prêteur : la voie Ombudsfin
Ombudsfin conseille d’adresser d’abord votre plainte à l’établissement concerné. Si la réponse ne vous satisfait pas, la plainte est introduite par écrit (formulaire en ligne, e-mail ou courrier). Ombudsfin vérifie d’abord si elle est recevable ; le traitement prend en principe 90 jours calendrier, prolongeables une fois pour la même durée selon la complexité. À la fin de la médiation, l’Ombudsman rend un avis écrit aux deux parties. Pour un exemple de démarche auprès d’un prêteur connu, voyez notre page Contacter Cetelem en Belgique : réclamation et Ombudsfin.
Sources
Pages consultées le 26/09/2026 :
- FSMA, Rechercher sur intermédiaires et prêteurs et FAQ n° 13 « Comment vérifier quels prêteurs disposent d’un agrément ou d’un enregistrement »
- FSMA, Mises en garde et avis du 06/08/2026 « Besoin d’argent rapidement ? Soyez prudent avec les offres de crédit sur les réseaux sociaux »
- FSMA, New modalities for the supervision of lenders and intermediaries in mortgage and consumer credit (rôle de l’Inspection économique du SPF Économie)
- BNB, Supervision financière et résolution et Centrale des crédits aux particuliers
- SPF Économie, Point de contact
- Ombudsfin, Procédure