Regrouper ses crédits, c’est remplacer plusieurs crédits en cours par un seul nouveau contrat. La mensualité peut baisser, mais c’est un nouveau crédit à part entière : il est soumis à l’examen de solvabilité du prêteur et à la consultation de la Centrale des crédits de la BNB. Il allonge souvent la durée de remboursement et peut coûter plus cher au total. Avant de choisir cette solution, faites le point avec les questions ci-dessous et comparez-la avec les autres options.
| L’essentiel |
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Sommaire
- Six questions à vous poser avant de regrouper
- Quand le regroupement est une mauvaise idée
- Les alternatives à examiner d’abord
- Ce que le prêteur voit à la Centrale des crédits
- Frais de sortie des anciens crédits : exemple chiffré
- Regrouper avec une hypothèque : ce qui change
- Si vous décidez de regrouper : les points à vérifier
- Questions fréquentes
- Sources
Six questions à vous poser avant de regrouper
Répondez honnêtement à chaque question. Plus vous répondez « non » ou « je ne sais pas », plus il est prudent de s’arrêter à ce stade.
- Connaissez-vous le solde exact de chaque crédit ? Demandez à chaque prêteur le capital restant dû, le taux et la date de fin. Sans ces chiffres, il est impossible de savoir si l’opération est avantageuse.
- Le problème vient-il des crédits ou du budget ? Si vos dépenses courantes dépassent déjà vos revenus, une mensualité plus basse ne fait que reporter la difficulté.
- Avez-vous comparé le coût total, et pas seulement la mensualité ? Additionnez ce qu’il vous reste à payer aujourd’hui et comparez-le au total des mensualités du nouveau contrat, frais compris.
- Connaissez-vous les frais de sortie ? Indemnité de remboursement anticipé des anciens crédits, frais de dossier ou d’intermédiaire, frais d’acte si une hypothèque est prise (voir plus bas).
- Êtes-vous prêt à fermer les anciennes lignes de crédit ? Garder une ouverture de crédit ou une carte de crédit ouverte après le regroupement expose à un nouvel endettement qui s’ajoute au premier.
- Y a-t-il déjà des retards de paiement ? Un défaut de paiement enregistré à la Centrale est visible par tout prêteur consulté. Au-delà de 1 000 € d’impayés non remboursés sur des crédits à la consommation, la loi interdit au prêteur de conclure un nouveau crédit (voir les questions fréquentes). Dans ce cas, les alternatives ci-dessous passent en premier.
Quand le regroupement est une mauvaise idée
- Pour payer des dettes que vous n’arrivez plus à rembourser. Le Code de droit économique interdit d’ailleurs toute publicité qui incite un consommateur incapable de faire face à ses dettes à recourir au crédit, ou qui incite au regroupement de crédits en cours (art. VII.65 et VII.123 CDE).
- Quand la baisse de mensualité vient seulement d’un allongement important de la durée. Vous payez plus longtemps, donc souvent davantage d’intérêts au total.
- Quand vos anciens crédits sont presque remboursés. Les derniers mois sont surtout composés de capital : les regrouper maintenant peut coûter plus cher que de les terminer.
- Quand on vous propose d’ajouter une somme « en plus » (voiture, travaux, vacances). Votre endettement total augmente alors au lieu de diminuer.
- Quand le regroupement passe par une hypothèque sur votre logement sans vraie comparaison. Des dettes de consommation deviennent garanties par votre habitation.
Les alternatives à examiner d’abord
Ces solutions ne créent pas de nouveau crédit. Elles sont classées de la plus simple à la plus encadrée.
1. Parler à votre prêteur
Wikifin (FSMA) conseille de contacter au plus vite votre prêteur ou votre intermédiaire dès que les remboursements deviennent difficiles, et de faire confirmer par écrit tout accord obtenu. La loi impose aux prêteurs de prévoir des procédures de tolérance raisonnable avant d’engager une procédure d’exécution. Ces mesures de grâce ne peuvent entraîner ni frais de dossier ni intérêts de retard : seul le taux prévu au contrat continue de s’appliquer (art. VII.105 CDE ; art. VII.147/20 pour le crédit hypothécaire).
2. Rembourser en priorité le crédit le plus cher
Si vous disposez d’une épargne, vous pouvez rembourser tout ou partie d’un crédit à la consommation à tout moment. Le coût du crédit est alors réduit des intérêts et frais correspondant à la durée restante. Il faut prévenir le prêteur par envoi recommandé au moins dix jours avant le remboursement (art. VII.96 CDE). Dans l’exemple plus bas, l’indemnité éventuelle est limitée.
3. Demander des facilités de paiement au juge de paix
Si votre situation financière s’est aggravée, le juge de paix peut vous accorder des facilités de paiement pour un crédit à la consommation (art. VII.107 CDE).
4. La médiation de dettes
Lorsque plusieurs créanciers sont concernés, un médiateur de dettes négocie un plan de remboursement avec chacun d’eux. La médiation de dettes est réservée aux avocats, officiers ministériels, mandataires de justice et institutions publiques ou privées agréées (art. VII.115 CDE). Wikifin indique que les communes proposent un service de médiation via leur CPAS.
5. Le règlement collectif de dettes
Si les difficultés persistent malgré la médiation, le règlement collectif de dettes est une procédure judiciaire introduite devant le tribunal du travail. Elle offre un cadre pour rembourser selon vos moyens, avec des conditions et des obligations strictes (Wikifin).
Ce que le prêteur voit à la Centrale des crédits
Avant d’accorder un crédit, le prêteur doit évaluer votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale de Belgique (art. VII.77 CDE). Selon le guide de la BNB :
- la Centrale enregistre les crédits à la consommation et les crédits hypothécaires des particuliers, ainsi que les éventuels défauts de paiement ;
- un contrat qui se déroule normalement est effacé au plus tard trois mois et huit jours après son échéance ;
- un défaut de paiement reste enregistré un an après sa régularisation, et au maximum dix ans à partir du premier défaut s’il n’est pas régularisé ;
- chacun peut consulter gratuitement les données enregistrées à son nom.
Consulter vos propres données avant toute démarche vous permet de savoir ce que le prêteur verra. Si vous êtes déjà fiché, lisez notre guide sur le crédit quand on est fiché et la sortie du fichage.
Frais de sortie des anciens crédits : exemple chiffré
Exemple illustratif, avec des montants choisis pour le calcul. Il ne s’agit pas d’une offre. Les plafonds sont ceux du Code de droit économique.
| Crédit remboursé | Plafond légal de l’indemnité | Exemple |
|---|---|---|
| Prêt à tempérament, solde 9 000 €, fin prévue dans plus d’un an | 1 % du capital remboursé (0,5 % si la fin est à moins d’un an) | 90 € au maximum |
| Ouverture de crédit (carte, réserve) | Aucune indemnité | 0 € |
| Crédit hypothécaire, solde 120 000 €, taux 3 % par an | Trois mois d’intérêt | environ 888 € |
Sources des plafonds : art. VII.97 CDE (crédit à la consommation, sans indemnité pour une ouverture de crédit ou une période à taux variable) et art. VII.147/12 CDE (crédit hypothécaire). Pour le crédit hypothécaire, le calcul se fait au taux périodique du crédit sur le solde restant dû : 120 000 € × 0,2466 % (taux mensuel équivalent à 3 % par an) × 3 mois ≈ 888 €.
À ces montants s’ajoutent les frais du nouveau contrat, à demander par écrit au prêteur. Comparez ensuite le total de ce qu’il vous reste à payer aujourd’hui avec le total du nouveau contrat.
Regrouper avec une hypothèque : ce qui change
Si le nouveau crédit est garanti par une hypothèque sur votre logement, ce n’est plus un simple crédit à la consommation. La loi le qualifie de crédit hypothécaire avec une destination mobilière, car il ne sert pas à acheter ou à conserver un bien immobilier (art. I.9, 53/2° CDE). Conséquences pratiques :
- votre habitation garantit le remboursement de dettes de consommation ;
- la durée est souvent plus longue qu’un crédit à la consommation, ce qui peut augmenter le coût total ;
- une hypothèque se constitue par acte notarié : demandez le détail des frais d’acte et d’inscription avant de décider ;
- si un crédit hypothécaire existant est remboursé dans l’opération, son indemnité de remploi s’ajoute (voir tableau).
Pour comprendre les frais d’un crédit hypothécaire, consultez notre page sur les frais du crédit hypothécaire. Si votre question porte uniquement sur le refinancement de votre prêt logement, voir rachat de prêt hypothécaire : quand le meilleur taux ne suffit pas.
Si vous décidez de regrouper : les points à vérifier
- Demandez les informations européennes normalisées que le prêteur doit vous remettre avant la conclusion du contrat (art. VII.70 CDE) et comparez le TAEG et le montant total à rembourser.
- Vérifiez que le montant emprunté correspond exactement aux soldes à rembourser, plus les frais annoncés, sans somme supplémentaire.
- Assurez-vous que les anciens contrats sont effectivement remboursés et clôturés, et conservez les confirmations écrites.
- Vérifiez que la nouvelle mensualité laisse un budget suffisant pour vos dépenses courantes. Notre page combien puis-je emprunter avec mon salaire explique comment raisonner à partir de votre budget.
- Vérifiez que le prêteur ou l’intermédiaire est autorisé à exercer en Belgique. Selon la loi, sa publicité ne peut pas mettre en avant un agrément ni vous inciter à regrouper vos crédits.
Questions fréquentes
Le regroupement de crédits est-il interdit en Belgique ?
Non. C’est la publicité incitant au regroupement qui est interdite (art. VII.65 et VII.123 CDE). Un consommateur peut demander un regroupement ; le prêteur doit alors évaluer sa solvabilité comme pour tout crédit.
Peut-on regrouper ses crédits quand on est fiché à la BNB ?
Le prêteur verra le défaut de paiement lors de sa consultation obligatoire de la Centrale. La loi est précise : si les impayés non remboursés enregistrés dépassent 1 000 € au total pour des crédits à la consommation ou des crédits hypothécaires à destination mobilière, aucun prêteur ne peut conclure un nouveau contrat de crédit. En dessous de ce montant, il ne peut le faire qu’en justifiant sa décision dans le dossier de crédit (art. VII.77, § 2 CDE). La négociation avec les prêteurs ou la médiation de dettes sont alors les premières pistes.
Regroupement ou rachat de crédit : quelle différence ?
Dans l’usage courant, les deux termes désignent la même opération : un nouveau crédit rembourse les crédits existants. On parle aussi de rachat quand un seul crédit, souvent hypothécaire, est refinancé chez un autre prêteur.
Sources
- Code de droit économique, livre VII (art. I.9, VII.65, VII.70, VII.77, VII.96, VII.97, VII.105, VII.107, VII.115, VII.123, VII.147/12, VII.147/20), version consolidée Justel à jour au 4 août 2026 : ejustice.just.fgov.be (consulté le 24 septembre 2026).
- Banque nationale de Belgique, guide « Centrale des crédits aux particuliers » (septembre 2023) : nbb.be (consulté le 24 septembre 2026).
- Wikifin (FSMA), « Que faire si vous n’arrivez plus à rembourser votre crédit ? », mise à jour du 9 février 2026 : wikifin.be (consulté le 24 septembre 2026).
- Wikifin (FSMA), « Vos dettes s’accumulent », mise à jour du 11 mai 2026 : wikifin.be (consulté le 24 septembre 2026).
Cette page fournit une information générale. Elle ne constitue ni une offre de crédit ni un conseil personnalisé.